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CYRILLE GASSILINE – Russian createur

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Une fois dans le confortable atelier de Cyrille Gassiline se trouvant dans l’enceinte d’une des plus anciennes usines textiles de Moscou, la Manufacture Tryokhgornaya, on ne peut s’empêcher d’avoir envie d’y retourner sans cesse. On ne peut aussi s’abstenir d’admirer Cyrille Gassiline lui-même, dont les traits du visage font penser à un tableau de la renaissance italienne, ainsi que ses travaux. On pourrait passer des heures à observer ses robes magnifiques, idéales aussi bien de l’extérieur que de l’intérieur.


L’art du « parfait intérieur », des coutures internes qui définissent la qualité des créations, Cyrille Gassiline l’a appris dans la maison de haute-couture parisienne Dominique Sirop, ou il a effectué un stage au milieu des années 2000. C’est effectivement la couture elle-même qui selon le concepteur différencie le prêt-à-porter de la haute-couture.

Pas une seule maison de mode russe contemporaine ne peut prétendre au terme de « couture », quelques que soient les définitions des programmes, aussi bien officiels que semi-officiels. Et ce n’est pas une histoire de qualité de la couture, du travail fait-main ou des boutons. Non, la technique des coutures dignes de la mode de luxe a emmergé en France au XIXème siècle, et n’existe tout simplement pas en Russie. En effet, on apprend à nos artisans à broder des costumes de théâtre, ce qui n’est ni une bonne ou une mauvaise chose, c’est tout simplement différent.


Cyrille Gassiline, qui est peut-être le seul russe digne du titre de couturier, préfère travailler chez lui, dans sa terre natale, faisant de fréquents aller-retours à Paris et à Milan. Le designer à d’ailleurs prévu sont prochain passage dans la capitale française en début de septembre prochain. Cela fait fort longtemps que Cyrille collabore avec Alexandre Vassiliev, célèbre critique et historien de la mode, auteur de plusieurs best-sellers et dont les séminaires disséminés entre Milan et Magadan ne désemplissent jamais. En tant que grand collectionneur passionné, Monsieur Vassiliev possède une sélection en perpétuelle expansion de plus de 50 000 robes, datant aussi bien du XVIIème siècle que des périodes contemporaines. Ainsi, on peut dire que la collection de Cyrille s’agrandit elle-aussi, et que le designer, toujours à l’affût de tenues rares seyantes au standards de la haute-couture, aide à la restauration de certaines pièces dans le but de les exposer un jour.

En septembre à Paris, sous la stricte direction de Cyrille s’inaugure la Fondation Alexandre Vassiliev. Et c’est en tant que conservateur que le designer va commencer les festivités lors du cocktail d’ouverture dans la mairie du IVème arrondissement.

Cette collaboration de plus de 10 ans a influencé le style du couturier: les grandes connaissances historiques du costume laissent une empreinte sur ses collections, qui, restant d’actualité, arrivent aussi à citer le passé. Les robes d’enfants de la ligne pour enfant que j’ai observé à l’atelier, font penser aux tenues des jeunes demoiselles des toiles de Borovikovsky: de tendres silhouettes de la fin du XVIIIème siècle à taille haute, à jupe libre et à manches courtes en forme de clochettes.


Mais Gassiline, c’est n’est tout de même pas que l’histoire du costume. Le talent du designer, c’est avant tout la combinaison des couleurs et des formes. Ce n’est pas par hasard que sa thèse de design était : « La dépendance entre la perception de la couleur et la forme ».
Un ancien participant de « La Silhouette Russe » avec Tatiana Mikhalkova, puis de la semaine de la mode de Moscou et enfin de la Russian Fashion Week. Le nom de la maison de mode est depuis longtemps connu par tout le monde et ne nécessite pas de publicité supplémentaire.

Le designer a avec aplomb occupé la niche des vêtements minimalistes en Russie. D’un côté laconiques et pratiques, de l’autre d’une grande qualité.

Après lui avoir demandé s’il ne souhaitait pas plutôt habiller les plus subtiles, comparées aux russes, française, Cyrille m’a souris avec indulgence. Bien sûr, qui ne rêve pas de créer pour les Néréides, Naïades et Sylphides? Mais la réalité des choses, c’est que les mensurations moyennes avec lesquelles travaille l’atelier Gassiline se trouvent entre 50 et 54.

Je suis prête à rassurer Cyrille: dans ses robes, toute Héra pourra éclipser n’importe quelle nymphe!

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