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ULYANA SERGEENKO LA MODE RUSSE.

Ulyana Sergeenko est une conteuse. Utilisant le médium de la mode, elle continue de raconter des histoires qui expriment sa vision du monde et des femmes d’aujourd’hui. Cette saison, inspiré par le roman épique Et la paix du don de Mikhaïl Cholokhov, du lauréat du prix Nobel, et par l’adaptation éponyme à l’écran réalisée par Sergei Gerasimov en 1957, une histoire de femmes cosaques se déroulant pendant les dramatiques journées de la révolution et de la guerre civile du début du XXe siècle.

Siècle – Ulyana pousse son approche narrative un peu plus loin en concevant son propre film. Intitulé Sisterhood et dirigé par Ellen von Unwerth, avec une partition de Maxim Fadeev, cet opus célèbre le pouvoir du lien féminin sous toutes ses formes, invitant les femmes à s’unir, à dialoguer, à partager leur énergie et à s’entraider. Pas autrement, la collection elle-même est une fusion de forces et de collaborations, de von Unwerth à la légendaire confection de corsets Cadolle, qui a créé les soutiens-gorge, les bustiers et la lingerie, de la modiste Stephen Jones, qui a concocté les chapeaux et les cagoules brodées, à Saga Furs, qui fourni les peaux.

Le costume folklorique cosaque est la référence principale tout au long de l’histoire, comme le montre l’œil d’Ulyana dans ses silhouettes uniques à la taille pincée. Les formes féminines – robes, chemisiers, tabliers, manteaux élégants – comportent des décorations et des détails qui élargissent encore le récit. Le tablier, les écharpes et les chemises blanches sont ornés d’un ajouré unique et traditionnel  krestezkaya strochka (Russie)  , tandis que les fleurs de la vallée du Don se transforment en broderies sur les manches des chemisiers en dentelle, le long des robes et des capes en soie.

Les motifs de paysage sont tissés dans des tabliers et des pelerins ou brodés dans des perles sur des tricots. Des franges en soie ornent les bords des capes et des foulards à la taille; Les chemisiers jacquard sont brodés de dentelle vintage. Les volants en taffetas adoucissent la rigidité des manteaux. L’effet général est celui d’une féminité douce et d’une force de fer.

La richesse de toute l’histoire se retrouve dans les textures: soie, jersey, maille, taffetas, velours, laine et cachemire sont mélangés à de la dentelle, du cuir, puis de la fourrure de chèvre ou de renard. La palette de couleurs est un mélange de noir et blanc et de gris classiques avec des nuances de beige, de moutarde et d’ocre, des dégradés de rouge, du rose poussiéreux et du corail tamisé au bordeaux et au rubis profonds, ainsi que des touches de vert émeraude et de bleu froid.

Les accessoires renforcent l’idée de l’héroïne féminine qui se bat. Larges ceintures en cuir, estampées de motifs de fleurs, cintrées à la taille. Des poches leur sont attachées: estampillées et décorées, elles servent à tenir des gants et non des balles. Des colliers et des boucles à plusieurs rangées ainsi que des bottes aux plates-formes cachées rendent davantage hommage au regard des femmes cosaques. L’héroïne est haute et féroce.

 

 

 

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